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Notes sur les Souterrains-Refuge

 

Avec l’étude des souterrains, nous abordons un sujet délicat, car s’il existe un thème sur lequel il y a fabulation, c’est bien celui-ci.

Dans l’imaginaire collectif on aurait trop vite tendance à faire des souterrains un réseau de communication entre châteaux, logis, églises ou abbayes. On leur fait parcourir des centaines de mètres, voire des kilomètres, passer sous des cours d’eau, grimper des collines, etc. L’évidence est bien toute autre. Jamais très longs, seulement de quelques mètres à quelques dizaines de mètres (un des plus grands étudiés en Charente mesure 80 mètres), ces souterrains sont classifiés en archéologie comme « souterrains aménagés », mais peuvent être considérés comme des « souterrains-refuges » dans la mesure où ils comportent les éléments suivants plus ou moins élaborés :

  • une ou des entrées camouflées,

  • un ou plusieurs couloirs souvent orthogonaux,

  • un ou des systèmes de chicanes pour se défendre et ralentir la progression des indésirables,

  • des barrages,

  • des trous de visée ou trous de surveillance,

  • des pièges,

  • des salles pour y être à l’abri et y stocker des vivres et des biens.

Il semblerait néanmoins que l’évolution de l’architecture intérieure des souterrains-refuges soit directement liée à des événements graves (guerre des Gaules, invasions barbares, première guerre de Cent-Ans ou guerres médiévales).

Les premiers souterrains attestés qui apparaissent en Bretagne à la fin du Hallstatt, début de la Téne (vers 600 avant J.C.) sont souvent de forme rudimentaire (une seule salle et un seul conduit), constituant des abris momentanés mais pas de véritables lieux de séjour.

Par contre c’est pendant la période médiévale que le développement des souterrains-refuges se propage. Ils deviennent de plus en plus nombreux. Leur conception devient ingénieuse et complexe. Les quelques datations effectuées au carbone 14 indiquent 1100 (+/- 90) ans pour le site de la Maraudie (Vienne) et 1170 (+/-) 90 ans pour Saint-Pardoux-le-Neuf (Haute Vienne).

 

 EXEMPLE de PLAN d’un SOUTERRAIN-REFUGE en CHARENTE

1 - Salle

9 - Pierre de fermeture

2 - Trou de visée

10 - Feuillures

3 - Partie défoncée

11 - Entrée initiale

4 - Amorce de trou

12 - Couloir

5 - Niche éclairage

13 - Feuillure

6 - Goulot

14 - Niches éclairage

7 - Chicanes

15 - Petite salle

8 - Marches

16 - Couloir vers abri s/roche

Texte, Plan, G. Roger. 10/98